
En Colombie, la culture de la canne à sucre occupe depuis longtemps une place centrale dans le paysage agricole et économique du pays. Aux côtés de l’aguardiente, une liqueur anisée à base d’alcool de canne à sucre qui s’est imposée comme la boisson emblématique du pays, la production de rhum s’est développée progressivement en lien direct avec l’industrie sucrière.
Bien que la production de rhum en Colombie soit documentée de manière plus inégale que dans d’autres pays, elle remonte à l’époque coloniale et témoigne d’une présence durable dans plusieurs régions du territoire.
Les bases historiques : une tradition sucrière ancienne
Comme dans l’ensemble du continent, l’introduction de la canne à sucre découle de son implantation dans les Caraïbes à partir de la fin du XVe siècle.
Les techniques de distillation employées dans les Caraïbes gagnent ensuite les territoires continentaux au fil des XVIIe et XVIIIe siècles, au rythme du développement des plantations.
En Colombie, cette dynamique s’inscrit dans une économie agricole où la canne occupe une place importante, notamment sur la côte caraïbe, dans les zones les plus favorables à sa culture. L’essor de l’industrie sucrière crée les conditions nécessaires à la fabrication de spiritueux à base de canne, dont le rhum.
Le rhum colombien face à l’aguardiente au XIXᵉ siècle
Souvent considérée comme boisson nationale, l’aguardiente anisé tient historiquement une place centrale dans la culture colombienne. Parallèlement à sa production, celle du rhum se développe, portée par les mêmes infrastructures agricoles et industrielles, avec la mélasse comme matière première principale.

La coexistence de ces deux boissons contribue à une répartition différente de leurs usages et représentations :
- La consommation de l’aguardiente, profondément ancrée dans la culture populaire, occupe un rôle culturel et festif majeur depuis le XIXᵉ siècle dans l’ensemble du pays ;
- En Colombie, le rhum s’inscrit longtemps dans une production régionale complémentaire, développée au XIXᵉ siècle en parallèle de l’aguardiente. Il ne constitue pas encore un produit central ou fortement valorisé, mais accompagne l’essor de l’industrie sucrière locale, dans une logique artisanale puis semi-industrielle, comparable à celle observée dans d’autres régions d’Amérique du Sud.
Du développement artisanal à une production structurée au XIXe siècle
À l’image des pays voisins, la Colombie développe son industrie sucrière au XIXe siècle. La mélasse devient un sous-produit incontournable, et la production locale de rhum se régularise dans certaines régions après l’indépendance du pays (1810–1820). Les méthodes restent majoritairement artisanales, mais certaines distilleries commencent à affiner le rhum.
Les distilleries adoptent progressivement la distillation en colonne, caractéristique des styles hispaniques, privilégiant :
- des profils aromatiques légers ;
- une recherche de régularité;
- une production adaptée à la consommation locale mais également à l’export.
Cette structuration s’effectue néanmoins de manière variable selon les régions, ce qui explique en partie la diversité actuelle des rhums colombiens.
Une production documentée de manière hétérogène
Les sources disponibles indiquent que la Colombie produit du rhum de façon régulière, mais que la documentation reste moins homogène que pour des pays comme le Venezuela ou le Guyana.
Ce que l’on peut toutefois établir avec certitude, c’est que la production repose majoritairement sur la mélasse, que la distillation en colonne s’impose progressivement au cours du XXᵉ siècle, et que plusieurs régions du pays élaborent des rhums vieillis, dans la continuité des traditions hispaniques.
À partir du début du XXᵉ siècle, l’industrialisation du secteur entraîne la création de distilleries modernes, contribuant à une production plus standardisée. Certaines maisons fondées à cette période participent à structurer le marché national, en orientant progressivement le rhum vers le vieillissement et la qualité, afin de rivaliser avec les rhums importés.
Le rhum colombien aujourd’hui
Le rhum colombien s’inscrit aujourd’hui dans un ensemble cohérent avec les styles d’Amérique du Sud marqués par l’héritage hispanique, fondés sur la distillation continue, des profils souples et un vieillissement sous climat tropical.

Si les volumes restent plus modestes que dans des pays comme Cuba, la République dominicaine ou Porto Rico, la Colombie se distingue par la montée en gamme progressive de certaines maisons, qui ont orienté leur production vers des rhums vieillis et premium. Des marques comme Dictador, largement distribuées à l’export, illustrent cette évolution et participent à la visibilité internationale du rhum colombien sur des segments haut de gamme, voire luxe.
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