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Kelpie, un Ardbeg forgé par les monstres marins

Il n’est pas un amateur d’Islay qui l’ignore, le samedi 3 juin 2017 est un jour à marquer d’une pierre blanche sur un bloc de tourbe : j’ai nommé le Ardbeg Day.

Chaque année, Ardbeg clôture le festival du malt et de la musique d’Islay (Islay’s Festival of Music and Malt) avec l’Ardbeg Day, journée de célébration mondiale de l’esprit indompté et sauvage de son single malt. Cette année, la distillerie promet de célébrer la fin du « Feis Ile », le festival d’Islay, avec un coup de théâtre légendaire qui plongera les Ardbegiens et les amateurs de malt fumé au cœur des fonds marins de la région.

En hommage à la mer qui entoure l’île écossaise où se situe depuis toujours la distillerie, Ardbeg lancera une édition limitée inspirée de l’impressionnante profondeur des fonds marins. Ardbeg Kelpie est le premier Ardbeg à avoir vieilli dans des fûts issus des côtes de la mer Noire. Connus pour conférer des arômes intenses, ces fûts – rarement utilisés pour l’élaboration de whisky – amènent une intensité unique au single malt whisky d’Islay le plus fumé et le plus tourbeux du monde.

Les légendes racontent que les Kelpies et les Selkies, esprits métamorphes des mers d’Écosse prenant la forme de chevaux, taureaux ou sirènes, ont peuplé les petites îles rocheuses autour de la distillerie Ardbeg. Ces redoutables créatures auraient provoqué la noyade des voyageurs imprudents… Sont-ce eux qui ont conféré à cette nouvelle version ses arômes si spécifiques ?

 

Nous avons proposé à nos experts de La Maison du Whisky et à ceux du Golden Promise Whisky Bar de déguster le nouveau nectar. Petites notes comparées :

Nez: 
Frais, direct. 
La première note à apparaître est la fumée terreuse enveloppée d’un air marin. Après quelques instants, d’autres arômes viennent trahir la jeunesse du distillât: citron frais, orge malté, caoutchouc neuf.
Bouche:
Incroyablement épicée, l’attaque surprend par son explosivité. Marquée par le clou de girofle et le poivre elle devient ensuite tannique et cendrée.
C’est en se mêlant au bois de rose et à la bergamote que l’ensemble reste présent un long moment en bouche.

Œil : Or pâle aux reflets verts. 
Nez : Riche et huileux (huile de lin), mais frais. La tourbe est bien intégrée. Quelques faibles notes d’hydrocarbures rappellent une route d’asphalte en été, mais le tout est bien fondu – ce n’est pas agressif. On devine également des touches citronnées et herbacées (chèvrefeuille). Pointe saline, discrète, en arrière plan. 
Le second nez est plus pâtissier (pâte d’amande, frangipane) et cendrée, voire poussiéreuse. 
Bouche : L’attaque est fraîche, minérale. De nouveau, la tourbe est bien intégrée et c’est plutôt la fraîcheur qui domine, avec des notes marquées de réglisse et d’anis.
Finale : Tourbe modérée, même faible pour un Ardbeg, marquant un retour sur les notes herbacées du nez (plantes médicinales). Légère astringence noisetée mais tapissée par le côté huileux.  
Extraits secs : Richesse. Cendre et frangipane. 
En résumé :
 
Ardbeg dévoile une nouvelle édition tout en douceur…
Avec une tourbe bien intégrée et des notes d’hydrocarbures plutôt subtiles, d’ordinaire si caractéristiques du style de la distillerie, Kelpie mise sur un profil riche et huileux. Le tout s’accompagne d’une fraicheur réglissée qui n’est pas pour déplaire.
Une version délicate de la distillerie d’Islay, qui s’adressera peut-être davantage aux nostalgiques d’Ardbog qu’aux Peat Freaks ?
Rendez-vous le 3 juin pour en savoir plus !