Origine

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Parent proche du cognac, l’armagnac a pourtant connu un destin bien différent. Malgré un passé tout aussi glorieux, il a su garder son caractère entier, authentique, traditionnel et artisanal. Un caractère parfois difficile à apprivoiser, à l’image du pays qui l’a vu naître et des gens qui le produisent. Aux antipodes de cette image, l'armagnac a petit à petit gagné en sophistication, pour devenir un produit statutaire.

  • Vignes du Chateau de Bordeneuve © Baron de Sigognac
  • Alambic © Baron de Sigognac
  • Contrôle des fûts © Baron de Sigognac
  • Cachetage à la cire © Baron de Sigognac

L’armagnac, un caractère authentique

Parent proche du cognac, l’armagnac a pourtant connu un destin bien différent. Malgré un passé tout aussi glorieux, il a su garder son caractère entier, authentique, traditionnel et artisanal. Un caractère parfois difficile à apprivoiser, à l’image du pays qui l’a vu naître et des gens qui le produisent. Aux antipodes de cette image, l'armagnac a petit à petit gagné en sophistication, pour devenir un produit statutaire.

La loi des séries

À l’initiative des Hollandais qui, au cours du 17e siècle, achetèrent la majorité des vins de la côte atlantique française, l’armagnac a su peu à peu s’imposer en Europe mais aussi aux États-Unis. À partir du 19e siècle, les négociants devenus négociants-éleveurs commencèrent à contrôler les stocks, la construction des chais, le suivi du vieillissement des eaux-de-vie jusqu’à parfaire la réputation de ce spiritueux.
Hélas, le vignoble de l’armagnac, qui s’étendait alors sur près de 110 000 hectares, fut totalement anéanti par une série de maladies. En 1860, le champignon oïdium s’attaqua une première fois aux vignes. À partir de 1878 et en l’espace de 5 ans, le puceron Phylloxera Vastatrix ravagea la quasi-totalité des plants. En 1887, le mildiou poursuivit l’œuvre de destruction entamée quelques années plus tôt par le Phylloxera. Enfin, en 1890, un autre champignon nommé Black Rot donna le coup de grâce au vignoble. Il a fallu attendre 1898 pour qu’un certain François Baco, enseignant de profession, crée le Baco 22A ou Baco Blanc, né de l’hybridation de la Folle Blanche et du Noah (cépage américain résistant au Phylloxera). Celui-ci va dominer la production de l’armagnac de 1920 à 1970.

Le décret du 6 août 1936

À la fin du 19e siècle, la pénurie d’eau-de-vie d’armagnac ouvra la porte aux fraudes et aux contrefaçons. Plusieurs décrets se succédèrent à partir de 1909 pour protéger cette eau-de-vie et lui offrir un cadre législatif. Ainsi, le décret du 6 août 1936 posa les éléments constitutifs de l’appellation Armagnac, dont il définit :

  • les zones d’appellation : Bas Armagnac, Armagnac-Ténarèze et Haut Armagnac ainsi que les communes concernées par cette appellation dans le Gers, les Landes et le Lot-et-Garonne ;
  • les cépages : dix cépages sont reconnus à l’époque, dont le Baco. La reconnaissance de cet hybride est une véritable consécration pour le travail de François Baco. Si le décret prévoit à l’origine une date ultime de récolte fixée à 2010, cette astreinte est cependant levée en 2005, faisant du Baco Blanc le seul cépage hybride autorisé en AOC ;
  • les méthodes de production : vinification, distillation et maturation. À noter : si l’armagnac doit impérativement être conservé en « récipients » de chêne, le décret ne précise à l’époque ni leur taille ni la durée minimum légale pour la phase de maturation ;
  • l’étiquetage et les mentions obligatoires.
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