Origine

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Alcool porteur de l’identité slave, la vodka telle qu’on la connait sous sa forme actuelle est un produit fortement influencé par les progrès technologiques de la révolution industrielle. Consommée en Europe de l’Est dès le 15e siècle, ce n’est qu’à partir des années 1930 qu’elle fait son entrée dans le « grand monde » en tant que « vin de table », suite à la démocratisation de l’alambic à colonne.

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Le bloc de l’Est face au bloc de l’Ouest

D’abord élaborée à des fins médicales, militaires et industrielles, la vodka se répand en Russie à partir de 1895 à grands renforts de nationalisation, et efface ainsi toute trace d’une eau-de-vie de seigle jusqu’alors distillée en alambic à repasse.
La vodka et ses déclinaisons aromatisées viennent dès le début des années 1950 conquérir l’Europe de l’Ouest et les États-Unis, pour devenir un acteur essentiel du « back bar ». Explorant et expérimentant différents moyens de produire eux-mêmes leur vodka, les Etats-Unis et la France notamment sont venus concurrencer ces vodkas traditionnelles, provoquant les foudres des pays slaves qui revendiquent une eau-de-vie plus complexe sur le plan aromatique.

La généralisation du mot « vodka »

Installées au milieu des années 1870 pour la première fois en Russie, les premières colonnes de distillation permirent de produire un alcool à moindre coût. A l’instar des premiers whiskies de grain distillés à la même époque en Ecosse, les distillateurs s’emparèrent de cette innovation pour proposer les premières formes de vodka moderne. Outre les céréales traditionnelles (seigle et blé) utilisées par les pays originellement producteurs de vodka, certains adoptèrent dès le début du 19e siècle la pomme de terre, beaucoup moins coûteuse.
Au début des années 2000, l’introduction de la vodka Cîroc par le groupe Diageo déclencha les hostilités entre les pays producteurs de vodka traditionnelle et les pays plus récemment convertis. En effet, la composition de cette vodka distillée en France, à partir d’un alcool de raisin, était source de polémique… Une polémique qui fut portée devant le parlement européen !
Il existe deux courants de pensée. Pour les traditionnalistes, seuls les alcools élaborés à partir de céréales, de pommes de terre ou de mélasse de betterave à sucre devraient être autorisés à porter l’appellation « vodka ». Selon eux, ces matières premières sont à l’origine d’une palette aromatique spécifique permettant de distinguer chaque vodka. Pour les modernistes, le goût, et par conséquent la nature de la matière première, importent peu dans l’élaboration d’une vodka. C’est la méthode d’élaboration qui donne à la vodka tout son attrait.
Au-delà de ce débat sur l’importance gustative de la vodka, ce furent les enjeux économiques et financiers qui influencèrent la décision prise à la fin de l’année 2007. En 2006, un politicien allemand proposa d’indiquer sur les étiquettes des bouteilles la nature précise de l’alcool utilisé dans le cas où ses composantes ne seraient pas celles traditionnellement établies. Cette proposition fut entérinée, au grand dam des traditionnalistes qui espéraient une loi plus restrictive.

EASTERN OU WESTERN STYLE ?

Aujourd’hui, les pays d’Europe de l’Est et de Scandinavie portent une attention toute particulière sur la matière première, un alcool de grain, de pommes de terre ou de mélasse, mais aussi sur la distillation, porteuse de l’identité aromatique de leur produit qu’ils ne souhaitent en aucun cas voir atténuée par une filtration abusive.
Les Etats-Unis et le Canada se sont penchés sur le maïs et la mélasse pour leur production. Quant à la France, elle se distingue avec un procédé à base d’alcool de raisin.  Mais ce qui est avant tout exprimé au sein de ces vodkas, c’est leur extrême subtilité aromatique, le recours à de très nombreuses distillations et filtrations effectuées à différents moment de la production, en amont au sein de l’alambic ou bien en aval à travers une couche de charbon.