Origine

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Produits dans tout l'archipel, les spiritueux et liqueurs traditionnels japonais comme le shochu, l'awamori et l'umeshu sont porteurs d’une identité régionale forte et distinctive. Le mode de dégustation d’une liqueur traditionnelle japonaise dépend en grande partie des ingrédients qui la composent, ainsi que de la manière dont elle a été produite.

  • La préparation des ingrédients ©Kuroki Honten
  • Les cuves de fermentation ©Kuroki Honten
  • Le vieillissement en fût, distillerie de Nishi Shuzo © Midorinoshima
  • La distillerie Kuroki Honten © Kuroki Honten

Les spiritueux japonais débarquent en Europe

Le monde des spiritueux traditionnels japonais est riche et varié, résultat de plusieurs siècles d'échanges culturels avec non seulement les autres pays du continent asiatique, mais également l’Europe depuis le 16e siècle. Cependant, si les européens sont devenus de grands amateurs de cuisine japonaise, le shochu, l'awamori, l’umeshu et les autres spiritueux du pays du Soleil-Levant leur sont encore quasiment inconnus. De nature discrète et réservée, les Japonais se sont en effet longtemps contentés de garder pour eux leur héritage liquide.

Depuis quelques années pourtant, un retournement de situation se profile : face à la multiplication en Europe des restaurants japonais de qualité et à la curiosité croissante des amateurs de spiritueux en quête de saveurs nouvelles, face également à la baisse de la consommation d’alcool au Japon, de plus en plus de producteurs japonais se recentrent sur des produits haut de gamme, qu’ils cherchent à exporter en dehors de leurs marchés traditionnels.

Pour encourager cette démarche de recherche d’excellence, le gouvernement nippon a accordé à certains spiritueux nationaux, tels le saké nihonshu et le shochu, la désignation officielle de « kokushu » (« alcool national »). Il a également lancé plusieurs projets de promotion de ces alcools dans le pays et à l'étranger.

Des alcools à forte identité régionale

Si les liqueurs traditionnelles japonaises sont actuellement produites un peu partout dans l’archipel, chacune est cependant porteuse, à la base, d’une identité régionale forte et distinctive.
Les productions de shochu et d'awamori, quant à elles, se concentrent davantage au sud du pays. Par tradition, la fabrication du shochu est étroitement liée à Kyushu, la plus au sud des quatre grandes îles qui constituent l'archipel japonais. Son origine remonterait au moins au début du 16e siècle (St François Xavier en parlait déjà en 1546) : des techniques de distillation auraient en effet été introduites sur l'île à partir du continent asiatique.

Quant à l'awamori, il est produit presque exclusivement sur les îles d'Okinawa, situées encore plus au sud et rattachées au Japon en 1879. Sa production aurait semble-t-il débuté en 1470. A cette époque, le royaume indépendant des Ryukyu (ancien nom des îles, avant leur rattachement au Japon) entretenait de très bonnes relations commerciales avec l'Asie du Sud-Est, et en aurait certainement importé les techniques de distillation.