Cognacs Armagnacs Calvados selection LMDW

Nos 10 cognacs, armagnacs & calvados incontournables

J’aime le Calvados pour ses notes franches de pomme, du nez à la finale. J’aime le Cognac pour le caractère fruité et floral des jeunes expressions et les notes exotiques des vieux millésimes. Enfin, j’aime l’Armagnac pour sa plénitude olfactive et le gras de ses eaux-de-vie en bouche. Une trilogie que nous envient les amateurs du monde entier, et pour laquelle nous faisons trop facilement la fine bouche. C’est connu, « Nul n’est prophète en son pays ». Il ne tient pourtant qu’à nous, professionnels, de faire mentir cet adage. C’est un fervent amateur de whisky qui l’affirme.

Mon tout premier choc en matière de Calvados je le dois à Jean-Marc Bellier, le directeur de notre boutique du 20 rue d’Anjou, qui m’a fait découvrir un calvados du Domfrontais de chez Victor Gontier. C’était il y a près de 20 ans. Depuis nous sommes restés fidèles à ce petit producteur dont les jeunes millésimes se distinguent par l’équilibre parfait entre acidité et douceur du mélange pomme/poire propre à cette appellation. Plus au nord entre Lisieux et Trouville, les calvados du Pays d‘Auge distillés à partir de cidre de pommes donnent naissance à des versions d’anthologie comme ce Christian Drouin 1986 vieilli en fût de Muscat de Rivesaltes, le plus floral des calvados ou encore le Christian Drouin Hors d’âge à déguster sec ou en Perfect Calvados. Elaboré par Stanislas Jouenne, le directeur de notre boutique d’Odéon, ce twist du Perfect Manhattan à base de vermouth Rouge et Dry où le calvados remplace le rye whiskey est assurément l’un de mes cocktails préférés.

Côté cognac j’ai toujours été gêné par le manque de gras des jeunes eaux-de-vie. La coloration mais surtout la dilution excessive et la filtration à froid, la norme pour 99% des Maisons de Cognac n’arrangeant rien. Jusqu’au jour où j’ai découvert le Remi Landier Special Pale. Pas de coloration, pas de filtration et une faible dilution pour ce Fins Bois. Le résultat est une eau-de-vie très vive au fruité élégant. Autre Fins Bois remarquable le Leyrat 8 ans, sans doute le plus subtil et le plus élégant de sa catégorie. Si vous recherchez des cognacs plus corpulents et plus charpentés à l’exotisme exacerbé la Grande Champagne, Premier Grand Cru du Cognac, devrait séduire votre palais. Elaboré au sein du Château de Fontpineau à Segonzac, le Frapin 1992 sélectionné par La Maison du Whisky aux notes de mangue et de fleurs blanches est un must absolu. La Grande Champagne et des vieux Fins Bois sont également présents dans le Merlet Sélection St Sauvant, qui incorpore un troisième cru de Cognac, la Petite Champagne. Il en résulte un mariage à la fois charnu et épicé dont la famille Merlet, père et fils, garde le secret.

Calvados, Cognac encore plus au sud l’Armagnac, la plus ancienne des eaux-de-vie françaises, dévoile des liqueurs gorgées de fruits mûrs. Séduit par la fraîcheur et le fruité abricoté du Château de Bordeneuve VSOP, un Bas Armagnac d’une très grande finesse, j’ai récemment succombé aux sélections de l’Encantada. Principalement issues de petits domaines du grand Bas Armagnac, ces versions mises en bouteille sans réduction et sans coloration me rappellent les single malts bruts de fût du négociant écossais, Signatory Vintage. C’est notamment le cas de L’Encantada 1994 Domaine Lous Pibous qui titre 53,7%. Puissant, la folle blanche exalte la palette olfactive de ses parfums floraux et procure beaucoup de finesse à la bouche. Avec l’Encantada 20 ans, plus qu’un domaine, c’est tout un terroir qui s’exprime. Un assemblage tout en souplesse qui laisse exploser des notes de miel à la dégustation.