Celia Ghesquière

Célia Ghesquière, itinéraire d’expert

Animée par le goût des beaux produits et une curiosité naturelle Célia Ghesquière est devenue en l’espace de cinq ans une véritable experte en matière de whiskies et de spiritueux fins. Elle a côtoyé des dizaines de master distillers, embouteilleurs, distributeurs et forgé son parcours dans le silo d’une passion authentique.

Célia fait ses armes à La Maison du Whisky, la boutique historique située rue d’Anjou, à Paris. C’est ici, en compagnie des experts aguerris que sont Jean-Marc Bellier et Salvatore Mannino, que les connaissances de la jeune recrue prennent leurs racines, entre les imposantes étagères de flacons rares. Très vite, il lui est demandé d’organiser les rendez-vous du Club de La Maison du Whisky (depuis disparu), où le public le plus pointu cherche les pépites les plus précieuses.

Signatory Vintage : « Une incroyable bibliothèque liquide »

Cette soif de connaissance la conduit en 2012 à faire un premier voyage en terre promise : l’Ecosse. Et plus précisément dans les Highlands, chez Signatory Vintage, l’un des négociants de whisky les plus excitant du moment. Des McCagherty, bras droit du fondateur Andrew Symington depuis plus 20 ans, l’accompagne, ainsi qu’une poignée de cavistes, dans une séance de dégustation des fûts de son chai. « Une incroyable bibliothèque liquide » dit-elle aujourd’hui, « où se côtoient sur un sol de terre battue des fûts venus de toute l’Ecosse et de toutes les époques. Mis bout à bout, les chais s’étalent sur près de quatre kilomètres ! ». Au gigantisme de ces chais traditionnels s’adosse Edradour, l’une des plus petites distilleries d’Écosse, propriété du même Andrew Symington. Peut-il exister de meilleure introduction aux terres de whisky que de rendre visite à l’un des plus grands embouteilleurs d’Ecosse, qui possède également la plus petite distillerie ?

C’est ensuite sur l’île Islay, où Célia visite de nombreuses distilleries, qu’à lieu un second déclic. Au fil de ses rencontres elle découvre à quel point chaque Master Distiller insuffle sa personnalité aux produits qu’il crée. « Sur Islay, et sur Jura que j’ai visité au cours du même voyage, je me suis véritablement rendue compte de l’importance des hommes qui font le whisky dans le processus de création » dit-elle, « ces Maisons voisines produisent chacune des expressions aux caractères uniques, très différents les uns des autres. Dans ce métier, et quelle que soit la taille de la distillerie, l’artisanat l’emportera toujours sur l’industrie. »

« J’aime que les producteurs n’aient pas peur de l’incontrôlable »

Depuis ce temps, Célia déguste le plus possible, s’attache à connaitre le plus finement possible l’industrie et le marché, visite dès qu’elle en a l’occasion les distilleries de whiskies et de spiritueux où les producteurs partagent avec elle leur savoir-faire.

Chez Christian Drouin, elle admire l’alambic de bouilleur de cru à roulette, datant de 1946 et qui s’élève en extérieur, exposant la distillation aux contingences de la nature. Un dispositif qui rend chaque cuvée surprenante. « J’aime qu’à l’inverse de ce qui se pratique de plus en plus aujourd’hui, ces producteurs n’aient pas peur de l’incontrôlable » admire Célia.

En Ecosse, sur l’île reculée de Jura, c’est la démarche d’une distillerie qui tient à faire la majorité de ses vieillissements sur place, malgré un espace restreint et qui la contraint à limiter ses quantités, qui plait à Célia. « Au fond du chai, un incroyable fût de Jura 1977 reste d’ailleurs disponible pour des dégustations improvisées et exceptionnelles… »

En 2012, Célia rejoint l’équipe « achats » de La Maison du Whisky. En contact avec les embouteilleurs indépendants, elle prend part aux sélections et aux embouteillages exclusifs de La Maison du Whisky ! Elle participe également à la dégustation qui permet à LMDW de découvrir l’Encantada, une maison qui se fera rapidement une place de choix au Panthéon des Armagnacs.

Laphroaig 16 ans Millésime 1995

Depuis, en charge du développement du portefeuille des Cavistes Parisiens et d’Ile-de-France, elle partage avec ses clients son expérience lors de dégustations et les conseille dans la création et le suivi de leurs gammes. Sa ligne directrice : toujours réserver un quart de la gamme à des spiritueux autres que le whisky, dans lequel on privilégiera notamment des rhums. « Cela permet de se placer sur des produits originaux, et renforce encore l’expertise du vendeur aux yeux de ses clients » explique la jeune femme. « La demande en rhums ne cesse de croître », nous dit-elle encore, « parce qu’une nouvelle génération, au palais plus accoutumé aux arômes sucrés, a remis les rhums de mélasse au goût du jour. On constate aussi que le public est de plus en plus demandeur de nouveautés et se cantonne moins dans le confort de produits qu’il connaît déjà bien ».

Sa plus belle réussite consisterait à convaincre les professionnels d’investir dans leurs propres fûts. « C’est encore accessible aujourd’hui et je trouve intéressant de pouvoir proposer sa propre référence à ses clients ! C’est un rapport de proximité avec le produit et son élaboration qui me plait beaucoup. »

Amoureuse d’un Laphroaig 16 ans Millésime 1995, « extraordinaire de finesse et d’équilibre derrière sa tourbe délicate », qu’elle a participé à faire embouteiller pour célébrer les 100 ans du Harrys’Bar en 2011, Célia avoue aussi un petit faible pour les rhums Neisson, dont elle a également visité la distillerie… Où l’on s’aperçoit que le goût est aussi question d’expérience, et de vécu.

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